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Au coeur de soi
Mon Histoire
J’ai joué la bonne élève.
La fille modèle.
Celle qui choisit le « bon chemin »
et coche toutes les cases.
De Paris à Shanghai.
De Hong Kong à Dubai.
J’ai appris à m’adapter
à des environnements
si différents.
Sans jamais être
vraiment à ma place.
À force de vouloir rentrer dans le moule,
j’ai oublié que j’avais ma propre voix.
J’ai bâti une armure impénétrable
tout en espérant enfin
être vue.
Et puis ma fille est née
—
La réalité m’a frappée de plein fouet au milieu d’un postpartum compliqué.
Elle n’avait que faire de mes cases cochées.
Elle avait simplement besoin que je sois présente pour elle.
Mais pour être tout à fait honnête :
j’en étais
incapable.
Peu à peu,
j’ai défait tous les récits
de mes différentes cultures
qui n’étaient pas les miens,
pour mieux reconstruire.
J’ai réappris
À être moi plutôt qu’à performer.
À me connecter à l’autre
plutôt que d’appliquer une formule.
À aimer mes deux filles à l’infini et avec tout mon coeur.
Et parfois,
j’oublie tout ça,
je retombe avec mes vieux démons.
Et c’est ok,
je remonte de plus en plus facilement.
C’est ainsi j’ai crée So Yiu,
connectée à moi-même,
en quête de créer plus de sens.
Un espace où l’on peut déposer son armure.
Respirer.
Et revenir doucement vers soi,
une conversation à la fois.
Quelques fragments de moi
Ancienne parisienne snob en rémission.
J’ai l’air d’avoir 23 ans, mais en réalité je goûte déjà aux joies de la périménopause.
À la maison, on fête les traditions françaises et les traditions chinoises - version whitewashed.
Je parle peu.
Mais il m’arrive parfois de dire des choses un peu trop justes et apparemment c’était hilarant.
Bien manger c’est sacré, je peux devenir très grognon si ce que je mange n'est pas bon.
Les gens adorent m’offrir des tasses... mystère non élucidé jusqu'ici.
Une de mes routines préférées: écrire ce qui vient avec mon stylo et mon carnet préférés autour d’un bon flat white.